Table ronde sur la culture à Agile tour Toulouse

Le 10 octobre à Toulouse, au cours de la conférence annuelle Agile tour Toulouse, plusieurs membres de la Fédération Agile ont animé une table ronde sur le sujet : « Au-delà de l’agilité, la culture ! »

L’annonce de cette session

La culture, disait Édouard, c’est ce qui reste quand on a tout oublié.

L’agilité est maintenant solidement ancrée dans le paysage français du développement logiciel. Qu’on soit pour ou qu’on soit contre, il s’agit dorénavant d’une réalité qui fait partie du discours ambiant. Acteurs et décideurs ne sont pas tous forcément convaincus de sa pertinence, mais peu doutent aujourd’hui que l’agilité soit devenue un centre d’intérêt à part entière, une possible spécialité professionnelle, voire pour certains un argument commercial différenciateur. Toutefois, que reste-t-il de l’agilité au quotidien, dans les projets et les équipes, quand on a tout oublié des débats passionnés, des formations intensives et des retours d’expérience entendus dans les conférences ? Quelle est cette culture dont les agilistes se revendiquent ? Est-elle réelle ou fantasmée ? Comment négocier les territoires, à la frontière entre culture de l’agilité et culture de l’entreprise ? Les démarches de formation et d’intervention sont-elles propices à instiller une culture de l’agilité ? Ont-elles même pour objet de le faire ? Et si c’est le cas, cette culture aide-t-elle les équipes qui fabriquent des logiciels à être mieux comprises, mieux respectées et plus épanouies ?

Le temps d’une table ronde, plusieurs membres de la Fédération Agile tenteront de répondre à ces questions et à celles que le public souhaitera lui poser. Plus que la recherche d’un consensus, l’objectif sera d’enrichir le débat en proposant divers points de vue, et en explorant avec le public diverses facettes d’une question bien moins triviale qu’elle n’y paraît, celle de ce que veut dire « être agile » en 2013.

Le panel des intervenants sera composé de : Alexandre Boutin, Claude Aubry, Jean-François Jagodzinski, Fabrice Aimetti et Yannick Ameur. Emmanuel Gaillot animera cette session, et Romain Couturier en assurera la facilitation graphique.

L’introduction

Voici le discours prononcé par Emmanuel Gaillot le 10 octobre, devant une salle comble :

Bonjour à toutes et à tous, et merci d’être venus participer avec nous à cette table ronde sur le thème : « Au-delà de l’agilité, la culture. »

Je suis Emmanuel Gaillot, et je serai l’animateur de cette table ronde. Le panel des intervenants sera aujourd’hui composé de [les intervenants]. Nous faisons tous partie de la Fédération Agile. Il s’agit d’un regroupement de spécialistes francophones de l’agilité reconnus par leurs pairs, qui garantit des formations de qualité, suivies éventuellement d’un accompagnement de haut niveau et à grande valeur ajoutée, animées par des intervenants pleinement impliqués dans la communauté agile locale, nationale et internationale sur les plans professionnels, éducatif et associatif.

Certes, me direz-vous. Mais la culture, dans tout ça ?

La culture, c’est ce qu’on étale à l’infini quand on n’a plus de confiture, c’est ce qui fait sortir les revolvers des porte-flingues qui n’ont rien de mieux à faire. C’est, disait Édouard, ce qui reste quand on a tout oublié.

Est-il seulement possible de ne pas avoir de culture ? D’exterminer toute culture ? L’agilité a-t-elle « sa » culture, au même titre qu’on peut parler de culture geek, punk ou tchèque ? Peut-on parler de culture de l’agilité, la regarder à la loupe et la définir avec des mots plus ou moins jargoneux, plus ou moins écorchés, sans trop courir le risque de la figer, de l’encadrer comme une photo dans un musée et d’y coller une alarme anti-vol, histoire de dissuader l’audacieux qui voudrait y toucher ?

L’agilité et son decorum s’invitent dans les discours : commerciaux, techniques, démarcheurs, vindicatifs, polémiques. On en parle autour d’une bière après le boulot. Avec le temps, (va…) l’extreme programming perd un ‘m’ qu’il troque contre un accent circonflexe pour devenir sur un coin de page web française « extrême programing ». On oublie tout, et ce qui reste ce sont des phrases un peu creuses, gentils fantômes des débats enragés qui ont eu lieu il y a une dizaine d’années. Avec le temps aussi, les agilistes de la première heure se calment et vivent heureux dans des projets tranquilles, bardés de tests, techniquement velus, loin des projecteurs et des micros.

Que reste-t-il de l’agilité au quotidien, dans les projets et les équipes, quand on a tout oublié des débats passionnés, des formations intensives et des retours d’expérience entendus ici et là ?

Et je me tourne ainsi vers les intervenants pour leur demander à chacun : quelle est-elle, cette culture dont nous, les agilistes, nous revendiquons ?

Les intervenants ont alors présenté leur vision de la culture agile… Puis la parole a été passée au public.

Le résultat graphique de la session

Pendant la session, Romain Couturier a dessiné et écrit sa perception de la table ronde :

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